lundi 26 février 2024

LES VACANCES DU DIABLE d'Alberto Cavalcanti / Ciné-Miroir, n°293, 14 novembre 1930.


FILM FRANÇAIS PARLANT 
RÉALISÉ PAR A. CAVALCANTI.
ÉDITÉ PAR PARAMOUNT. 

DISTRIBUTION 
Marcelle Chantal. Betty Williams.
Robert Hommet. Allan Stone.
Thomy Bourdelle. Mark Stone.
Maurice Schutz. David Stone.
Jacques Varennes Charles Thorne. 
Richard Wilm. Dr Reynolds. 

Elle possédait des intérêts dans une maison de couture où elle se rendait très souvent.


BETTY Williams était une charmante et jolie manucure attachée au salon de coiffure d'un grand hôtel. Mais, sous ces dehors de femme charmante et insouciante, elle cachait une âme forte et entreprenante. Sa grande ambition était de pouvoir réunir assez d'argent pour aller à Paris et s'y créer une situation indépendante. D'ailleurs, en plus de ses fonctions de manucure, Betty avait des intérêts dans un établissement de couture, et elle accroissait notablement ses revenus par les commissions qu'elle recevait des vendeurs auxquels elle procurait des clients. D'ailleurs, toutes les affaires de la jolie Betty étaient traitées sur des bases de la plus pure cordialité; jamais aucune affaire d'amour n'était intervenue dans sa vie et elle faisait preuve, vis-à-vis des hommes, d'une attitude très détachée. Elle avait coutume de dire en riant : 
— Oh ! les hommes, je les connais : moins on leur en accorde, plus on en obtient ! » 
 Un jour, un de ses camarades d'affaires, Thorne, désireux d'obtenir une commande, lui offrit un pourcentage exceptionnellement élevé. Comme elle s'en étonnait, il lui annonça qu'il s'agissait d'une grosse affaire. 
— Un certain Mark Stone, dit-il, fils du plus gros fermier en grains de la région, doit venir en ville, je veux lui vendre des machines agricoles. Il faut que vous m'aidiez à décrocher l'affaire ; elle sera, avec le pourcentage que je vous offre, aussi bonne pour vous que pour moi. 
Betty accepta cette offre. Mais, au lieu du Mark Stone attendu, ce fut son jeune frère Allan qui débarqua à la ville. Cet Allan était un jeune campagnard candide et naïf, il eut vite fait de tomber dans les filets de l'astucieuse Betty, et il accepta tout ce qu'elle voulut bien lui proposer ; il fit même plus, il en tomba follement amoureux. Mais les choses allaient se compliquer. Un vendeur concurrent, ayant appris les tractations de Betty, télégraphia au père d'Allan en le priant de venir immédiatement : 

Votre fils court un grand danger, venez immédiatement. 

Le père d'Allan Stone, ne pouvant se déplacer, envoya son fils aîné Mark pour mettre les choses au point. A peine arrivé, Mark se rendit chez le vendeur qui lui avait télégraphié. Celui-ci le mit au courant de la situation, et Mark sans hésiter, persuadé que son frère avait été le jouet de Betty, se rendit au magasin où elle travaillait. 

Avec grâce elle fit entrer ce visiteur qu'elle ne connaissait pas. 

Il eut avec elle une explication assez vive puis l'insulta grossièrement et satisfait sans doute de ce coup d'éclat, il revint près de son frère et ne lui mâcha pas ce qu'il pensait de Betty. 
— Tu n'as plus rien à faire ici, il faut revenir avec moi sans avoir revu cette femme. 

Marc arriva près d'Allan au moment précis où celui-ci téléphonait à Betty. 
Mais Allan ne l'entendait pas de cette oreille. Il courut, au contraire, chez Betty, afin de savoir ce qui s'était exactement passé entre elle et son frère. Betty le reçut de façon très froide. 
— Je n'ai rien à vous dire, monsieur, et si je puis me permettre, cependant, de vous donner un conseil, rentrez bien vite chez vous, comme vous le demande votre frère. Alors, Allan, avec la fougue de la jeunesse, se jeta à ses pieds, lui déclara qu'il l'aimait à la folie, et lui demanda de l'épouser. 
 Betty n'était pas femme à s'emballer aussi vite. Elle commença par ouvrir son cœur à Charles Thorne, lui raconta les insultes dont Mark Stone l'avait abreuvée, et lui parla aussi de ce qu'elle considérait comme une grande plaisanterie : la proposition de mariage d'Allan. 
— Mais, ce serait une merveilleuse revanche à tirer que d'épouser Allan et d'exiger ensuite cinquante mille dollars de la famille pour abandonner la place. 
 Betty commença d'abord par rire de cette proposition, puis à la réflexion, elle finit par la prendre au sérieux. Et, quelques jours après, elle couronnait la flamme d'Allan Stone en l'épousant. 
 Lorsque le jeune couple arriva à la maison des Stone, ce fut presque une révolution. Betty se rendit compte immédiatement qu'elle était tout à fait déplacée dans ce milieu. Le diable était en vacances à la campagne et une singulière lune de miel allait commencer. Mark, son beau-frère, lui était ouvertement hostile, mais le père David Stone persistait à croire qu'après tout il y avait peut-être encore quelque chose de bon dans cette femme que son fils Allan avait amenée à la maison. David Stone était un spécimen de puritain ayant un idéal très élevé et des principes ultra-rigides. Malgré sa bonne volonté du début, il ne tarda pas à s'apercevoir que cette manucure de la ville était tout à fait incapable de vivre parmi eux, et il se rangea à l'opinion de Mark. Un jour, enfin, il ordonna à Betty de quitter la maison et lui demanda quelle somme elle désirait pour cela. 
— Cent mille dollars, répondit froidement Betty.
On lui versa la somme et elle retourna à la ville, où elle commença une nouvelle vie, entourée de joyeux amis. 
Elle était maintenant à la veille de partir en voyage pour Paris. Charles Thorne venu lui faire ses adieux s'aperçut avec étonnement du changement qui s'était opéré en elle. Sa sérénité passée avait disparu et elle se montrait dans un état nerveux tout à fait inquiétant. Charles, d'ailleurs, était à peine arrivé, ce soir-là, au milieu de la fête, qu'on annonça David Stone. Ce fut une stupeur. Betty refusa de le voir sans témoins, et lui, de son côté, refusa de donner la raison de sa visite. 
Après son départ, l'inquiétude de Betty ne fit qu'augmenter. Peut-être Allan est-il malade, et son père venait-il lui donner de ses nouvelles, pensa-t-elle ? 
— Allons, avouez que vous aimez cet Allan, dit Charles, qui était resté près d'elle. 
— Eh bien, oui. Je l'aime maintenant que j'en suis séparée. Quelque temps après, Betty se décida brusquement à se rendre chez les Stone, et elle vendit tout ce qu'elle possédait de façon à pouvoir rembourser les cent mille dollars qu'elle avait exigés pour quitter Allan. 
David ne voulut pas la recevoir. Allan rentrait justement à ce moment-là. Il voulut se libérer du grand doute qui l'obsédait. 
— Est-ce exact, lui cria-t-il, que vous avez exigé cent mille dollars pour quitter cette maison? 
— C'est exact, Allan, mais pardonnez-moi, je venais justement aujourd'hui pour réparer cette mauvaise action. 
Elle avait à peine achevé cette phrase qu'Allan s'évanouissait, terrassé par une attaque foudroyante. 

Tous se penchaient maintenant, anxieux, sur le corps pantelant, épiant le moindre indice de vie. 

Betty en éprouva un violent chagrin, qui prouva à tous le changement qui s'était opéré en elle et son amour sincère pour Allan. David lui pardonna. Le choc de l'émotion subi par Allan devait d'ailleurs avoir un effet salutaire, et lorsqu'en s'éveillant il vit Betty à ses côtés, il lui prit la main et la porta avec amour à ses lèvres. Elle était pardonnée, un avenir heureux allait s'ouvrir désormais dans la maison des Stone. 






Ciné-Miroir, n°293, 14 novembre 1930. 






mardi 20 février 2024

NOTRE COUVERTURE : Thomy Bourdelle / Ciné-Miroir, n° 275, 11 juillet 1930


Un jour que l'on questionnait Thomy Bourdelle sur ses débuts dans la carrière cinématographique, il répondit avec humour: «Oh! moi, je suis venu au cinéma... par la guillotine !» Il débuta, en effet, dans le rôle du bourreau de Jocelyn. Il avait eu la chance d'être présenté en cette occasion à Léon Poirier, et il faut croire que l'artiste débutant ne fit pas mauvaise impression au metteur en scène, car, depuis, Thomy Bourdelle a tourné, sous la direction de Léon Poirier l'Affaire du courrier de Lyon, Geneviève, La Brière, Verdun visions d'Histoire et, enfin, Caïn. Pour cette production, Thomy Bourdelle a vécu six mois dans la brousse malgache, à Madagascar, et il se déclare enchanté de son séjour dans la grande île.

« Au reste, ajoute-t-il, je me félicite tous les jours d'avoir connu Léon Poirier, qui m'a toujours admirablement conseillé et soutenu. Je pense, à l'instar de beaucoup d'autres, qu'il est à classer dans les tout premiers réalisateurs du monde entier et souhaite travailler avec lui le plus souvent possible. » Thomy Bourdelle fut encore un des principaux artistes de Surcouf, de Jean Chouan, des Fiançailles rouges, du Martyre de sainte Maxence, de la Divine Croisière. C'est un des meilleurs artistes de composition du cinéma français. 

R. M.




lundi 19 février 2024

Un Grand Acteur de Composition - THOMY BOURDELLE. / ÈVE n°603, avril 1932.


Nous allons revoir Fantômas à l'écran, un Fantômas sonore et parlant, un Fantômas revu, corrigé et modernisé, pourrait-on dire. C'est Thomy Bourdelle qui joue le rôle de Juve, l'éternel adversaire du bandit qu'on ne voit jamais et qui sème cependant la terreur et la mort autour de lui. 


L'énergique physionomie de Thomy BOURDELLE 
ne passe pas inaperçue à la ville. 


Le regretté René Cresté avait joué ce rôle au début du cinéma et y avait acquis une popularité immense. Le choix de Thomy Bourdelle, pour interpréter aujourd'hui le même rôle à quelque quinze ans d'intervalle, est fort heureux. Nul acteur de chez nous ne pouvait prêter un relief plus saisissant à la silhouette de ce policier Juve dont les aventures nous émerveillent et nous passionnent dans l'œuvre célèbre de Pierre Souvestre et Marcel Allain. 

 ❖ ❖ 

En 1913, au concours de l'athlète complet qui réunissait la fleur de la jeunesse française, une des places d'honneur fut prise par Thomy Bourdelle. Thomy Bourdelle, neveu du grand sculpteur, avait alors pour ambition de devenir artiste lui-même. A l'École des Beaux-Arts, il peignait et taillait dans le marbre, puis il partit pour Reims, au collège d'athlètes fondé par Hébert et le marquis de Polignac dans le magnifique parc Pommery. La guerre devait l'y surprendre. 


Une scène de "Fantômas"avec Thommy Bourdelle 




Thomy BOURDELLE dans le rôle du policier Juve, le terrible adversaire de Fantômas. 


Au retour des armées, Thomy Bourdelle. laissa tomber le ciseau et le maillet et chercha sa voie. 
« Je suis entré au cinéma par la guillotine, a-t-il dit. C'est en effet dans le rôle du bourreau de Jocelyn que j'ai débuté dans la carrière. J'avais eu la chance, en cette occasion, d'être présenté à Léon Poirier avec qui je devais ensuite tourner L'affaire du courrier de Lyon, Geneviève, La Brière, Verdun, visions d'histoire, et enfin Cain. Entre temps j'ai tourné une dizaine de films, dont Surcouf, Jean Chouan, Les fiançailles rouges, La divine croisière. » 
Je vous passe les espoirs et surtout les déceptions des débuts de ma carrière. Mais je ne me suis jamais dégonflé parce que j'avais la foi et peut-être aussi parce que, étant un fervent de la boxe et du rugby, j'avais l'habitude d'encaisser. 
Les créations de Thomy Bourdelle furent toujours fort remarquées et personne n'a oublié la silhouette d'officier allemand qu'il campa dans Verdun, visions d'histoire. Courageusement il a gravi l'échelle, il a rencontré de grandes, de vraies difficultés sur sa route et cependant il a persévéré. 
Entre temps, il jouait au rugby comme pilier dans une équipe du Racing-Club de France. Son aspect hirsute (la plupart du temps il remplissait des rôles barbus) effrayait quelque peu l'adversaire. Souvent nous entendîmes: « Quel est cet homme des bois ?» Mais le métier d'artiste de cinéma ne peut se concilier avec les yeux au beurre noir ou les arcades sourcilières fendues. Thomy Bourdelle, bien à regret, dut quitter l'arène de ses exploits sportifs ! 
Il trouva sa voie avec Cain. Léon Poirier, pour s'exiler dans l'îlot admirable de Nossi-Bé, y établir son « camp de cinéma », s'était mis en quête de partenaires de grande allure. « L'homme révolté» ne se concevait que puissant, avec des traits marqués par la fatalité et, en même temps, assez façonné par les jeux du stade pour ne pas craindre de se montrer à peu près nu. 

Thomy BOURDELLE à Nossi-Bé tournant « Caïn »





Thomy BOURDELLE dans Verdun, visions d'histoire. 

Avec Thomy Bourdelle, avec Rama Tahé, Poirier disposait d'irremplaçables interprètes. La stature de l'un, la ligne de l'autre. pouvait-on mieux trouver en Europe? 
Le film fut dur à réaliser. Une chaleur étouffante, de longues stations en plein soleil, tête nue, un climat magnifique et déprimant qui n'incitait guère à de violents efforts. Mais la petite troupe de Cain avait résolu de produire une grande chose, de tirer le maximum des circonstances, de vaincre, en un mot, dans cette bataille. 
Thomy Bourdelle nous a confié que, dans le combat singulier qu'il livra avec un noir splendide, et qui est un des clous du film, les choses ne se passèrent pas tout à fait ainsi qu'on avait pu l'envisager. Aux répétitions, le lutteur malgache se laissait tomber, comme l'exigeait le scénario, au bout de quelques minutes de corps à corps acharné (par 45° à l'ombre). Le jour de la prise de vues, ce protagoniste, orgueilleux et naïf, ne voulut plus se laisser faire ! Un véritable assaut, sous l'œil de l'appareil, s'engagea alors, dont la sincérité cinématographique était indéniable, mais qui plaçait notre champion, déjà fatigué par la température, en assez difficile situation! La lutte se prolongea, épuisante et brutale. Finalement, pour mettre à la raison un adversaire qui ne voulait plus rien savoir pour toucher des épaules, Thomy dut avoir recours à une prise de jiu-jitsu. L'indigène, bras tordu, se sauva alors en criant. 

 ❖ ❖ 

Au retour de Madagascar, Thomv Bourdelle tourna coup sur coup deux films aux studios Paramount de Joinville, A mi-chemin du ciel et Le Rebelle. Sa carrure athlétique, son masque énergique, parfois brutal, semblent le destiner éternellement aux rôles qu'on appelle communément en Amérique « les villains ». Dans A mi-chemin du ciel, il incarne le ténébreux acrobate dont la jalousie sauvage cause la mort de son partenaire. 

Thomy BOURDELLE et Janine MERREY dans une scène de « A mi-chemin du ciel ». 


Thomy Bourdelle n'oublie pas qu'il a pratiqué tous les sports et qu'il constitue le type le plus accompli de l'athlète complet. Il exécute, dans A mi-chemin du ciel, de véritables prouesses acrobatiques, dignes du meilleur des professionnels, et son audace fait frémir, de même que sa brutalité, férocité froide font frissonner.

 ❖ ❖ 

A un journaliste qui venait l'interviewer à propos de son rôle dans Le Général et qui s'étonnait de voir Thomy Bourdelle dans un beau costume sanglé, à taille, et portant des épaulettes d'or et la croix de Saint- Georges, le type de l'officier russe d'avant la révolution, Thomy Bourdelle, le protagoniste du Général, une des dernières réalisations de Paramount, ne put s'empêcher de s'écrier. 
- Qu'est-ce qui vous étonne, cher ami ? 
- Mon Dieu! fit l'autre un peu interloqué, j'ai dernièrement été voir le film de Léon Poirier, Cain, et j'avais pris l'habitude de vous voir nu, en plein air, portant une barbe de plusieurs mois et, au lieu de ce bel uni- forme, vous n'aviez pour tout costume qu'une sorte de pagne autour des jambes. 
- C'est vrai, convint l'acteur, on est habitué, depuis plusieurs années, à me voir jouer des rôles de sauvage, mais je vais vous faire un aveu, je me sens presque aussi bien dans ce costume de cosaque que sous les vêtements (si l'on peut appeler vêtement le pagne de raphia) de Caïn. J'ai peut-être eu des ancêtres russes, après tout, je vais rechercher dans la généalogie de ma famille. 
Les personnalités qui se trouvaient au studio et qui entendirent cette boutade ne purent s'empêcher de rire.

René STUDY. 



Thomy BOURDELLE photographié au studio entre Suzy VERNON 
et Marlène DIETRICH alors qu'il tournait « Le Rebelle».






ÈVE n°603, avril 1932



vendredi 9 février 2024

Thomy Bourdelle, Vedette Rugbyman.

FRANCE. - Thomy Bourdelle, rugbyman et vedette des films "Caïn" et "A mi-chemin du ciel". 

 

Revue Match l’intransigeant de 1930.










vendredi 26 janvier 2024

LE TOUT - POUR VOUS : BOURDELLE (Thomy) / Pour Vous n°373 du 9 Janvier 1936.

Thomy Bourdelle doit son prénom, qui n'est ni Thomas, ni Tommy, mais très exactement Thomy, à sa mère qui était d'origine irlandaise, tandis que son père était Normand. Il naquit à Paris, un 20 avril. Habite 150 bis, boulevard Pereire, à Paris ; envoie sa photo. 

Particularités physiques et morales. — Taille : 1 m. 805, sous la toise. Poids : 88 kg. 500. Pesait 85 kilos à dix-huit ans. Solidement charpenté, n'a pas un pouce de graisse. Très sportif. Joue encore au rugby. S'entraîne régulièrement au Racing, à la Croix Catelan. A un cheval de selle, Silly Boy, et le monte régulièrement, mais trouve que c'est là un plaisir et non un véritable sport. Mais s'il avait eu poids et taille lui permettant de monter professionnellement en obstacles, n'aurait pas cherché d'autre carrière, car monter en course le passionne. Nage. Aime l'aviation et l'auto. Est trop vraiment sportif pour que la culture physique l'amuse. Pas tellement gourmand, n'apprécie guère non plus la boisson : croit que ces deux plaisirs lui manquent. Assez brutal, mais pas coléreux. Pas rancunier. Pas tellement ouvert, mais pas menteur non plus : fermé, tout simplement. Pense tout ce qu'il dit, mais est bien loin de dire tout ce qu'il pense. Aime la campagne, toute la nature ; a une petite ferme en Normandie où il passe tous ses loisirs ; il y réfléchit « à tout ce qu'on pourrait faire... si on pouvait », tant dans le domaine agricole que dans celui du cinéma. Son chien, Silly, est là-bas, un dalmatien. Beaucoup de poules. Un petit cheval de labour qui s'appelle Gamin. Aime la musique, l'entendre, pas en faire, car, dit-il, « il pianote comme un dégoûtant ». Le regrette, d'ailleurs. Regrette aussi de ne pas lire beaucoup, sauf en voyage, mais il y a deux raisons à cela : le temps passe trop vite — et Bourdelle n'aime pas les déceptions. Alors, il revient à quelques livres de chevet, toujours les mêmes, où il est sûr de trouver une substance à son goût. Bien qu'il se soit destiné à Centrale, il est aussi peu cartésien que possible et considère Pascal comme le Grand Maître. Reprend souvent -les Pensées... 

Sa vie. — Etudes chez les frères de Passy, qui formaient les élèves en vue de Centrale. A leur exil en Belgique, il les suit au collège de Froyennes. Les études de piano étaient pendant les récréations : en moins de deux mois, le jeune Thomy avait compris... et renoncé pour toujours aux gammes. Le sport lui était, par contre, déjà cher et, à dix-huit ans, il était arrivé à la demi-finale du concours de l'athlète complet. C'étaient ses dernières vacances avant Centrale, il demanda à les passer au collège d'athlètes, au parc Pommery, à Reims, et se préparait à concourir pour la finale le 15 août. Mais ce 15 août était celui de 1914... 

La démobilisation le trouva, en 1919, quelque peu désorienté : il n'était plus question pour lui de faire Centrale ! Il hésitait à rester dans l'armée, passa six mois dans la soierie à Lyon, puis tout à coup, comme ça, il se décida... 

Au cinéma. — Deux semaines de trois cachets à 60 francs l'un lui étaient garanties lorsqu'il débuta dans Taxi 313 X-7, avec Saint-Granier, chez Gaumont, Pière Colombier metteur en scène. Il fit onze cachets au total ; ce fut donc, pour le temps, une affaire assez brillante. Vinrent ensuite : La Maison de Saint Cloud, Château historique, La Bouquetière des Innocents, Le Cousin Pons. A cause de ses muscles, Poirier lui confia le rôle du bourreau dans Jocelyn. Puis, il y eut Le Courrier de Lyon et Geneviève ; Surcouf, La Divine Croisière, Jean Chouan, Fanfan-la-Tulipe, Jocaste, Le Course au flambeau, Les Trois Mousquetaires. Avec Poirier, à nouveau, Verdun et Caïn, son rôle préféré. Poirier et lui étaient partis en Allemagne entendre les premiers parlants, et Poirier s'en inquiétait, « le français n'étant pas une langue universelle ». C'était, hélas ! vrai. Ensuite, Les Vacances du diable, A mi-chemin du ciel, Camp volant, Le Rebelle (encore un rôle qu'il aime, ainsi que le suivant), Le Docteur Mabuse, L'Etoile de Valencia, Adieu les beaux jours, Les Isolés, Fantômas, Mon ami Tim, La Maison dans la dune, Maria Chapdelaine, Un homme de trop à bord et Marika*, qui est à peine terminé.


* "Marika" fut plus tard rebaptisé "Les deux favoris" 

Source : Pour Vous n°373 du 9 Janvier 1936



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mercredi 24 mai 2023

Vidéos : Extraits de films avec Thomy Bourdelle.

 

Quelques Minutes avec Thommy Bourdelle / Les années 20.



Thomy Bourdelle, le bourreau dans Jocelyn 
de Léon Poirier 
1922

 



SURCOUF 
de Luitz-Morat 1924 
2ème Chapître Les Pontons Anglais - Part1
1924 
 



Thomy Bourdelle dans JOCASTE 
de Gaston Ravel
1925
 



Thomy Bourdelle dans Jean Chouan 
de Luitz-Morat 
1926
 



Catherine Hessling & Thomy Bourdelle dans EN RADE 
de Alberto Cavalcanti 
1927
 




Thomy Bourdelle dans Yvette 
d'Alberto Cavalcanti
 1927
 



Thomy Bourdelle dans "Verdun, Visions d'Histoire" 
de Léon Poirier
1928
 



Mareuil et son complice de la Divine Croisière 
de Julien Duvivier
 1929
 



Thomy Bourdelle dans Caïn, Aventure des Mers Exotiques 
de Léon Poirier
1930



Thomy Bourdelle dans Fantomas 
de Paul Fréjos
 1932
 




Thomy Bourdelle dans Quatorze Juillet 
de René Clair
1933
 




Thomy Bourdelle dans Pêcheur d'Islande 
de Pierre Guerlais
1933

 




Thomy Bourdelle dans Le Testament du docteur Mabuse 
de Fritz Lang
1933
 




Thomy Bourdelle dans Le Testament du Docteur Mabuse 
de Fritz Lang
1933
 




Thomy Bourdelle & Jean Gabin dans Maria Chapdelaine 
de Julien Duvivier
 1934
 




Thomy Bourdelle dans Seven Sinners 
( Doomed Cargo / Traffic D'Armes ). 
1936
 




Thomy Bourdelle, Jeanne Sully & Josette Day dans 
Soeur D'armes 
de Léon Poirier 
1937
  




Thomy Bourdelle dans Chéri-Bibi 
de Léon Mathot
 1938
 











jeudi 16 mars 2023

L'artiste Thomy Bourdelle doit ses galons de « star » à l'athlétisme et au rugby

DU SPORT A L'ECRAN 


L'artiste Thomy Bourdelle doit ses galons de « star » 

à l'athlétisme et au rugby 


Un beau type de jeune premier sportif 


Dans le succès considérable et mérité du film « Caïn », qui connaît une superbe carrière et où s'opposent harmonieusement la Nature et l'Homme, sans que celui-ci soit écrasé par celle-là, on n'a pas assez dit, que le protagoniste est des nôtres. 




Thomy Bourdelle, en effet, est un sportif. Non point à la façon de tant d'artistes, pour qui la culture physique en chambre est suffisante étiquette : mais largement, sincèrement et de toujours..

Il fallait, pour ce rôle à vrai dire écrasant, un gaillard à la taille des Bancroft ou des Mac Laglen. II fallait, pour vivre nu sous un soleil infernal, pour résister à quarante-cinq degrés à l'ombre, pour lutter longuement contre un professionnel noir de Nossi-Bé, pour passer des heures et des heures sur une pirogue malgache ou dans les soutes d'un steamer, ce qu'on appelle, sur le rings, un « dur ». 
Léon Poirier, en choisissant Thomy Bourdelle, eut la main heureuse... 


En 1913,  quand Géo André remportait ce concours de l'athlète complet mis sur pied par notre confrère « Le Journal », et, dont la finale fut en 1914, interrompue, par l'appel aux armes de l'Europe, Thomy Bourdelle était à quelques points seulement du meilleur  « homme de décathlon » que nous ayons jamais possédé. 
Au Parc Pommery, à Reims, dans cette merveilleuse réalisation sportive du Marquis de Polignac qu'était le collège d'athlètes, Thomy Bourdelle s'avérait l'un des meilleurs élèves du lieutenant Hébert... et un nudiste avant la lettre... 
La tourmente passée, Thomy reprenait place dans un quinze de rugby du Racing Club de France. Il jouait tête de mêlée et savait se faire respecter, avec ses 1m85 et ses 90 kilos. Mais déjà, avec son ami Pierre Nay, le fils d'André Nox, lui-même rugger et artiste de talent, il « tournait » un peu. Rôles de bourreau, rôle de « vilain... » 
Bien des adversaires crurent à ce moment-là, que c'était uniquement pour leur racler la figure en mêlée, que le brave Bourdelle arborait une barbe de huit jours! Ils ne pouvaient guère songer, sans doute, aux nécessités de l'écran !  
Entre temps, Thomy servait de modèle bénévole à son oncle, le grand sculpteur Bourdelle: Ou, par jeu, il mettait les gants avec un autre sportif, devenu poids lourd et vedette, après une carrière de balle ovale : le magnanime Herzo. 
Ces deux rudes batailleurs, — au demeurant amis sincères et même cœur d'or, — se retrouveront sans doute quelque jour dans un film de boxe... Et ça fera du poids sur le ring ! 
Plusieurs années de lutte courageuse, de persévérance tenace... voici Thomy lancé, bientôt célèbre ! Comme il nous le disait lui-même « C'est à la piste, c'est aux quatre-vingt minutes du rugby, que j'ai dû de savoir m'accrocher...  mon « type»,  mon genre, mes rôles, le cinéma français, épris de jeunes premiers en sucre, ignorait ça.
Si j'avais lâché, eût-on songé seulement à Caïn, hier, aujourd'hui à « A mi-chemin du ciel », demain à... à l'avenir ?  

C.-A. Gonnet.
L'Auto-vélo 
21 Janvier 1931





Thomy Bourdelle nous confie des souvenirs et nous parle de ses projets / Figaro du 7 Août 1950.

Thomy Bourdelle nous confie des souvenirs et nous parle de ses projets 

En bavardant avec Thomy Bourdelle, que nous reverrons à l’écran dans Vendetta en Camargue, on ne peut s’empêcher d’évoquer des souvenirs qui restent liés à l'« âge du muet ». Celui qui fut notamment l’interprète de vingt et un films réalisés par Léon Poirier a, pour raconter ses souvenirs, le ton simple d’un homme à qui le destin réserva de grandes joies et qui n’est pas loin de s’en reconnaître indigne. 
Il évoque, tout en se défendant de vouloir se mettre sur le même plan qu’eux, ses modèles, Conrad Veidt et Georges Bancroff. Comme eux, Thomy Bourdelle a été, le plus souvent, au cinéma, du « côté des méchants ». 


— Une certaine intensité intérieure fit qu’on m’attribua des rôles qui ne manquaient jamais d’inquiéter ma pauvre mère... 
Pendant la réalisation de Verdun, visions d’histoire et celle aussi d’autres films, Thomy Bourdelle fut à la fois interprète, assistant, administrateur, secrétaire. 

— On travaillait avec des équipes réduites et cela n’allait pas plus mal ! 
Entre autres réalisateurs qu’il a connus, l’acteur nous parle de Fritz Lang qui s’était fait construire à Dalem, après Metropolis, une maison tout en acier ; de Léon Poirier, qui avait voulu autrefois porter à l’écran La Symphonie pastorale et qui longuement avait préparé le film avec André Gide ; de René Clair qui, dans l4 Juillet, disait à Aimos : « Fais le texte toi-même, je m’en arrangerai ensuite. » 

— Depuis, remarque Thomy Bourdelle, nos auteurs sont devenus plus exigeants. L’acteur nous parle aussi de l’avenir, et du film dont il sera prochainement l’interprète : 
— Il a pour titre Bille de clown (réalisateur Jean Wall) et relate l’aventure d’un jeune provincial (Jean Carmet) qui rêve de faire carrière sous le chapiteau. Mon rôle : celui d’un directeur de cirque, ancien acrobate. Thomy Bourdelle pense — il n’a pas lu le scénario — que le personnage ne sera pas cette fois encore des plus sympathiques... 

Roger Cantagrel.
Figaro du 7 Août 1950.



Les transformations de Thomy Bourdelle / Ciné-Miroir, n° 575, 10 avril 1936

Les transformations de Thomy Bourdelle 

Dans un prochain film de l'A.C.F., les Deux favoris, Thomy Bourdelle porte cette fois, avec une crâne élégance, le costume d'officier américain. 


— J'ai l'habitude de l'uniforme et des transformations, disait-il l'autre jour au studio. J'étais, il n'y a pas bien longtemps, un capitaine de navire dans Un Homme de trop à bord; immédiatement après, j'endossais la tunique de général dans l'Appel du silence, le beau film que Léon Poirier a réalisé sur la vie du père de Foucauld, et maintenant me voici rajeuni et revêtu de l'uniforme kaki de l'officier américain. Ainsi le veut le hasard des engagements et du cinéma. 
Cela n'empêche pas Thomy Bourdelle de rester lui- même, c'est-à-dire un artiste probe et consciencieux qui connaît un nouveau succès à chacune de ses nouvelles créations.


Ciné-Miroir, n° 575, 10 avril 1936

mardi 14 mars 2023

Renée Wilde & Thomy Bourdelle ( 1925 ).

 


« Pour l'instant je m'adonne à la sculpture et lorsque cet art me laisse quelques loisirs, je les consacre à la musique et aussi au sport. J'adore le tennis et l'auto. Pendant qu'on tournait La Brière, j'ai même fait de la moto. Je m'empresse de préciser que je ne conduisais pas. Je me contentais de monter sur le porte-bagages de Tommy Bourdel qui, lorsqu'il ne tournait pas. se chargeait d'effectuer les achats de provisions dans les environs. Il avait installé sur ce porte-bagages une caisse ordinaire solidement assujettie et c'est cette caisse qui me servait de siège. Jugez si j'étais à mon aise. Mme Léon Poirier levait les bras au ciel toutes les fois que nous partions et me prédisait que je me tuerais. Je dois ajouter que cette prédiction a failli se réaliser a plusieurs reprises. Comme j'incitais Bourdel à faire de la vitesse, il nous arriva souvent l'aventure suivante: j'étais pour ainsi dire arrachée de ma caisse et projetée sur le sol. J'eus toujours la chance de m'en tirer avec quelques égratignures. 
« Bourdel fut également mon professeur de nage. Je recommande sa méthode aux jeunes filles qui ont peur de l'eau. Une jour je manifestai à mon camarade le désir que j'avais d'apprendre à nager. Il m'encouragea et me donna rendez-vous à un endroit des marais ou l'eau n'était pas trop bourbeuse. Au moment où je m'y attendais le moins il me jeta dans le marais en me disant de me débrouiller. J'ai passé ce jour-là un vilain quart d'heure ». 
Renée Wilde riait en racontant cette anecdote. Puis ses yeux se firent plus sombres et s'approchant de la glaise de ses Bacchantes, d'un coup de pouce elle corrigea un défaut qui venait de lui apparaître tout en bavardant avec moi. "Le secret de la vie est dans l'art", a dit Oscar Wilde. 


Pierre DESCLAUX.
Mon Ciné : le premier et véritable journal cinématographique pour le public, n° 186, 10 septembre 1925

jeudi 9 mars 2023

Pêcheur d'Islande de Pierre Guerlais / L'Image (1934).

 

Pêcheur d'Islande ! Le plus pur des chefs-d'oeuvre de Loti. Celui que l'on relit toujours avec la même émotion grave, douce, désolée... 


Celui qui pénètre le plus loin, le plus intimement en notre sensibilité. 
Musicien de la phrase (écrite pourtant avec des mots si simples !) peintre subtil, il fallait que Loti, pour ne pas être trahi; pût trouver en son réalisateur un homme scrupuleusement respectueux de sa pensée et de la forme qu'il lui donna... 
— Et ce fut là un rude « boulot », me confie Thomy Bourdelle, dont le visage tanné s'éclaire du regard, aigu et lointain à la fois, de ceux qui sont habitués à percer la brume et à fouiller le large, le regard de Yann, pour tout dire ! 
Oui, vous vous doutez bien que le « parlant » ne peut être traité comme l'œuvre littéraire... 
A quelles difficultés la belle probité de Pierre Guerlais ne s'est-elle pas heurtée !... 
— Oui, je ne suis pas sans concevoir, par exemple, combien le dialogue pouvait offrir d'écueils... Sans doute, modifié, eût-il été plus vivant, plus véridique; pourtant qui oserait reprocher au réalisateur d'avoir pieusement conservé l'intégralité de ce texte qui chantera toujours au fond de nos mémoires ? 
— Et en ce qui concerne la mer, que n'a-t-on pas fait pour la rendre en sa grandeur, en sa beauté, en son tumulte ! Prendre une tempête, s'imagine-t-on ce que peut être ce travail ! 
" Pourtant, voyez comme les scènes de grosse mer sentent la sincérité, la vérité, n'ont rien de ces agitations artificielles que créent les machines des studios. 
— Je crois bien..., puisque, je ne vous le cache pas, à la présentation, j'ai craint d'avoir le mal de mer . . .
— Oui, Guerlais a tout mis en œuvre pour la réussite ! Personnellement, il m'avait engagé trois mois à l'avance... Une fois arrivé sur place, j'ai vécu quelques jours, sans tourner, à bord, dans l'odeur du goudron et de la morue la vie des gars de l'équipage, de ces pauvres bougres qui travaillent dur, gagnent peu, qui sont simples et sains... J'ai fait la manœuvre, j'ai porté des vêtements achetés à l'un d'eux... En revêtant ce costume qui avait déjà « fait l'Islande, ce fut comme si j'entrais dans la peau du marin. 



Et Thomy Bourdelle se laisse aller à ses souvenirs. L'accueil, l'amitié, le cœur de ces " bougres-là " il ne les oubliera pas de si tôt. Ce n'est pas en vain, d'ailleurs, qu'il a respiré le vent au goût de sel, mouillé son visage aux embruns, hâlé sa peau à l'air du large, promené son regard sur le ciel bas et gris où se pressent des nuages, qu'il s'est saturé enfin de l'atmosphère de cette Bretagne triste et âpre... 




C'est ainsi qu'il faut faire, n'est- ce pas, c'est en créant « le climat » que l'on obtient cette émotion, cette vérité, que Bourdelle a atteintes dans son rôle de Yann et que le métier et même l'art, seuls, ne sauraient donner. Car, il faut bien le dire, les deux premiers rôles, surtout, demandaient des interprètes de grande classe et celui de Marguerite Weintenberger devait être exprimé avec un sentiment et une émotion d'une rare qualité... On n'a pas oublié de quelle gravité tendre, de quelle douceur est pétrie cette Gaud que Yann rencontre à Paimpol le jour de la procession des Islandais... Mais elle lui semble inaccessible... Elle est riche. Elle a vécu à Paris, où elle a pris des façons et « un air distingué de demoiselle ». Comment pourrait-elle accepter de devenir la femme d'un pêcheur ? Pourtant il l'aime, son âme simple s'est donnée pour toujours. 
On sait le reste ; Gaud partage cet amour et, lorsque son père meurt ruiné, lorsque Yann ose enfin se déclarer c'est la joie des aveux : « Croyez- vous que cela faisait mon affaire, à moi, de ne pas me marier ?» lui dit-il. Ce sont les épousailles... Hélas ! la mer, jalouse, attend son heure... Voici maintenant le départ des Islandais, les bateaux un à un s'en vont, la Léopoldine, toute blanche, quitte fièrement le port... et le temps passe... Les femmes, à présent, s'agenouillent, les chapelets s'égrènent et glissent au long des mains dressées, suppliantes devant la Vierge, Etoile de la mer, les cierges brûlent en pleurant leurs larmes de cire. Mais c'est en vain que Gaud fait monter là-haut sa prière fervente... La Léopoldine ne reviendra pas..., la mer a repris son promis... Elle s'est vengée et Yann ne reviendra jamais !... Qui dira la beauté de ces tableaux et l'émotion qui s'en dégage ? La photographie est splendide et illustre d'une façon inoubliable ce poème de l'amour... Car Pêcheur d'Islande, tout comme Tristan et Iseult, est un poème de l'amour — un poème de la mer aussi — et qui continuera, après nous, à toucher les cœurs de ceux qui prendront notre place... Je n'en veux d'autre preuve que les sanglots entendus à mes côtés, lors de la présentation. 

Paulette MORAC.
L'Image, n° 112, 15 février 1934

mardi 27 décembre 2022

Thomy Bourdelle dans LE REBELLE d'Adelqui Millar - 1931.

Le Rebelle (The Rebel) est un film français dramatique réalisé par Adelqui Migliar, sorti en 1931.  

Une jeune étudiante séduit un général russe pour qu'il épargne son mari déserteur. 

Distribution :
Thomy Bourdelle : Général Platoff 
Suzy Vernon : Maria Ivanovna 
Paule Andral : Alexandra 
Pierre Batcheff : Lt. Boris Sabline 
Henry Prestat : un jeune Général 
Frédéric Mariotti : l'ordonnance 
André Rehan : Spoliansky 
Jeanne Brazine : la Chanteuse 
Georges La Cressonnière : le lieutenant Glinka

 






















Fiche technique 

Titre : Le Rebelle 
Titre alternatif : Le Général 
Réalisation : Adelqui Migliar 
Scénario : Martin Brown, Louise Long, Benno Vigny d'après une pièce de Lajos Zilahy 
Photographie : Philipp Tanura 
Production : Les Studios Paramount 
Distributeur : Société Anonyme Française des Films Paramount 
Durée : 85 minutes 
Date de sortie : 3 juillet 1931 


La Maison Dans La Dune de Pierre Billon (1934).

UN FILM DE QUALITE   La Maison dans la Dune  Un seul film nouveau cette semaine mais c'est un film français. Et de qualité. L'histoi...